vendredi 15 décembre 2017

CHROME : Feel it like a scientist [CHRONIQUE]


CHROME
"Feel it like a Scientist"
CD
2014



Faisant suite à « Ghost Machine », qui avait suscité des sentiments mitigés lors de sa sortie douze ans plus tôt, le nouvel album de CHROME, mythique formation avant-gardiste gravitant aujourd’hui autour de son seul membre fondateur survivant, le grand disjoncté Helios Creed, était attendu au tournant par tous les initiés.
Les uns avec grande impatience, les autres avec circonspection. Et ce seront les premiers qui auront eu la meilleure intuition.

En guise d’apéritif, annonciateur  d’un tout nouvel album à venir, Helios nous avait déjà gratifiés en 2013 d’un excellent « Half Machine from the Sun », superbe compil d’enregistrements « oubliés » de CHROME, datés de 1979 et 1980, et qui s’impose d’ores et déjà comme un nouveau grand classique du groupe, digne héritier perdu des albums jadis enregistrés en compagnie du regretté Damon Edge. Après la révélation de ce petit chef d’œuvre, la barre était placée, il est vrai, assez haut. Mais pour la plus grande satisfaction de tous les fans, anciens comme plus récents, « Feel it like a Scientist », dont la sortie européenne est programmée pour le 1er juin 2014, mais disponible en format digital dès mai 2014, réussit haut la main à relever le challenge.

D’entrée de jeu, le premier morceau, j’ai nommé le percutant « Nephilims », plante le décor. Une rythmique puissante et martelée, un son de guitare offensif, des sonorités tout aussi torturées que lancinantes et hypnotiques, vous immergent instantanément dans l’univers étrange et  envoutant qui constitue depuis presque toujours la signature musicale du groupe de San Francisco.  Le groupe hautement psychédélique de  précurseurs post-punks d’un Rock industriel et qui, depuis lors, s’est décliné en de multiples chapelles parfois fort éloignées les unes des autres.

Le reste des morceaux s’enchaîne, de « Prophecy » à « Something in the Cloud », et de « Cyberchondria » à « Nymph Droid », en passant par « Lady Feline », la distortion extrême de « Lipstick », « HimalayanElimination », « Systems within Systems » et autres « The Mind », vous entraînant dans un maelström de son distordus et d’atmosphères irréelles, parfois cauchemardesques et oppressantes, où les êtres humains ne sont pas tolérés, et qui s’inscrivent pleinement comme l’héritage direct des meilleurs passages de « New Age » et autres « Blood on the Moon ». On reconnait bien là CHROME dans ce qu’il a pu engendrer de plus abouti sous ses diverses incarnations, que ce soit sous l’égide d’Helios Creed, de Damon Edge, ou des deux.

Helios Creed est ici - et entre autres - accompagné par le sympathique batteur Aleph Omega, son fidèle acolyte depuis maintenant plus de douze ans, et qui peut donc à ce titre être considéré comme membre permanent et à part entière du groupe. Ajoutons enfin à tout cela le fait que cet excellent opus s’étend sur pas moins de seize titres - la version vinyl sera un double LP- , et l’on pourra de suite constater que le disque s’étend sur une durée nettement plus longue - plus de 60 minutes - que « Ghost Machine », qui n’en comptait que onze, et dont une partie du contenu est considéré par d’aucuns comme du « remplissage »… Pouvant laisser l'auditeur sur sa faim. Ici, tel n'est donc absolument pas le cas.

Bref, ce nouvel album est un vrai petit joyau sur lequel je vous recommande de vous précipiter, si toutefois votre esprit est ouvert au post-punk industriel extra-terrestre et psychédélique, dont l’influence énorme sur les plus grands noms fait de CHROME un véritable monument vivant, unique en son genre. A ne pas manquer.
Hans


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TRACKLIST :

1. NEPHILIMS ( Help Me !)
2. PROPHECY Final Master
3. LIPSTICK
4. LADY FELINE
5. SOMETHING IN THE CLOUD
6. SIX
7. UNBREAKABLE FLUORIDE LITHIUM PLASTIC
8. CAPTAIN BOSON
9. BIG BRATS
10. BRADY THE CHICKENBOY
11. SLAVE PLANET INSTITUTION
12. CYBERCHONDRIA
13. HIMALAYANELIMINATION
14. THE MIND
15. SYSTEMS WITHIN SYSTEMS
16. NYMPH DROID

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